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Emigration clandestine : La plupart des migrants refoulés envisagent de quitter de nouveau le Sénégal.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a rendu public son rapport 2019, intitulé « Nouvelles dynamiques migratoires au Sénégal  ». Le document qui a ciblé les régions de Saint-Louis, Thiès et Ziguinchor révèle que « 48% des migrants retournés envisagent de quitter de nouveau le Sénégal » et « la majorité d’entre eux préférerait utiliser la voie régulière ».

« Les données qualitatives récoltées ont montré que la migration irrégulière n’a pas permis dans le long-terme d’améliorer la situation économique des individus, des familles et ou des communautés. Les départs continus depuis ces régions participent en fait à en fragiliser l’équilibre, et se traduit par le manque d’une main d’œuvre jeune et dynamique ne permettant pas de stabiliser les secteurs clés des économies régionales », lit-on dans le rapport.

Malgré des impacts mitigés de la migration irrégulière et les traumatismes liés aux difficultés rencontrées pendant le voyage, « 48% des migrants retournés envisagent de quitter de nouveau le Sénégal » et « la majorité d’entre eux préférerait utiliser la voie régulière ».

En ce qui concerne les raisons dues à l’émigration clandestine dans les trois zones, elles  sont principalement liées à la « situation économique, plus spécifiquement à la dégradation de l’environnement (rareté des pêches, déforestation), la faiblesse des moyens de production, l’absence d’infrastructures de stockage, de transformation et de transport, ainsi que la commercialisation limitée des produits halieutiques et agricoles ».

Mais également, le manque d’opportunités économiques qui se confirme tant au niveau individuel qu’à celui du ménage. Au-delà de ces facteurs, « la pression sociale et le rôle central joué par les réseaux d’amis et de proches véhiculant une image positive de la migration poussent les jeunes à la migration irrégulière ».

Pour y remédier, l’OIM a formulé plusieurs recommandations. L’Organisation demande d’établir des structures de soutien psychosocial pour les retournés traumatisés par le voyage et leur expérience comme «migrant échoué».

D’améliorer la compréhension de la migration maritime irrégulière et de la migration de retour auprès des agences gouvernementales et en mettant en place de réseaux de migrants de retour, d’améliorer la connaissance des populations sur les modalités de migrations régulières.

L’Oim invite le gouvernement, les partenaires nationaux ainsi que les organisations de développement à « offrir des opportunités économiques de long-terme dans les zones de départ ». De soutenir l’adaptation et l’innovation dans le secteur de l’agriculture et les autres secteurs économiques conformément aux besoins des jeunes, afin de rendre les régions côtières plus attractives et enfin de financer les projets de développement dans le domaine de l’agriculture et de la pêche liés au contexte local et faciliter l’accès à la terre et aux moyens de production.

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