Actualité société

Corruption au Sénégal : Fléau mondial ou combat mal engagé ?

Le Forum civil, représentant de Transparency au Sénégal, a publié jeudi dernier, les résultats de l’indice de perception de la corruption (IPC) de 2019. Et, notre pays, avec une note 45% sur 100, reste toujours dans la zone rouge.

Pour Birahim Seck, patron du Forum civil, cela procède d’un affaiblissement réel de la volonté politique de lutter contre la corruption. Tandis que Seydou Gueye qui n’accorde pas de crédit à ces allégations, a plutôt prêté une oreille attentive à une radio étrangère pour se faire, dit-il, une idée des limites objectives du rapport de Transparency international. Même si Ousmane Sonko ne cherche pas midi à quatorze heures pour accuser le président Macky Sall d’être le seul responsable de la corruption au Sénégal.

Pour l’historien Mamadou Diouf, la corruption s’est aggravée sous Macky Sall. Les Sénégalais l’expriment très bien en disant que, avant c’était à coup de millions, aujourd’hui, les gens ne parlent que de milliards. Selon lui, tout tourne autour du foncier et du pétrole, les deux poumons de la corruption.

« La corruption est la perversion ou le détournement d’un processus ou d’une interaction avec une ou plusieurs personnes dans le dessein, pour le corrupteur, d’obtenir des avantages ou des prérogatives particulières ou, pour le corrompu, d’obtenir une rétribution en échange de sa complaisance ». Une définition qui trouve un terrain de prédilection au Sénégal.

En effet, de 2016 à nos jours, en dessous de la moyenne, elle refuse d’améliorer son rang au Sénégal, faisant dire à certains qu’elle est une pratique consacrée et légitimée, à tous les échelons sociales et étatiques.

Elle est bien établie à tous les échelons. En 2016, les secteurs les plus touchés par le fléau sont, entre autres, la police, les Partis politiques, le système judiciaire, la fonction publique, le Parlement, le système de santé, le système d’éducation, les médias, le secteur privé, les communautés religieuses, les ONG et l’armée.

Mieux, pour un cas précis, à travers les routes du Sénégal, ce « waxalé » entre chauffeurs et forces de l’ordre dont parle Oustass Alioune Sall atteste de la profondeur de ce fléau des temps modernes.

Pourtant, les corps de contrôle chargés de la lutte contre la corruption et autres lois, font florès. Qu’est-ce qui ne va pas ? Est-ce le fait que certains corps de contrôle soient rattachés à des entités administratives en constitue une limite objective ?

Toute compte fait, la corruption est fondamentalement liée à la nature du système économique et politique dominant, comme disait l’autre.  Encore une autre paire de manches pour l’éradiquer ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *