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Casamance: Émigration clandestine, nouveau passeport numérisé des jeunes

La jeunesse casamançaise désœuvrée, est  plus que jamais décidée de continuer à braver la mer pour regagner l’Europe qu’elle a dénommé «le pays des merveilles». Elle a fait de l’émigration clandestine son passeport  numérisé.

 Convaincus qu’ils ne peuvent plus retrouver réussite et bonheur dans leur terre natale, des jeunes de la région sud ne veulent plus se laisser convaincre ni par leurs parents, ni par les autorités administratives, politiques, religieuses et judiciaires qui, pourtant ne cessent de les appeler à la raison une fois conduit à la barre. Et pour montrer leur détermination d’aller en Europe et plus exactement en Espagne, «des capitaines de navires, de pirogues ne cessent de nous draguer depuis quelques jours avant de nous proposer des sommes comprises entre 400.000 et 500.000 FCFA pour nous amener en Espagne, dans les îles Canaries», explique le jeune bachelier Mamadou Fall. 

A l’en croire toujours, «trois de mes amis ont, il y a moins de trois, rejoint l’Espagne via la mer. Ils avaient pris départ dans le village touristique de Kafountine avant de rejoindre l’Espagne. Ils étaient 35 autres jeunes à bord de leur pirogue et ils sont tous arrivés sur les rives de l’Espagne», a ajouté Mamadou Fall. Plus précis, «c’était dans la nuit du 15 au 20 octobre 2019 que nos amis, entre autres des bacheliers désespérés, de jeunes mécaniciens et trois jeunes filles, deux Guinéens ont tous décidé de braver la mer pour aller en Espagne afin de pouvoir  trouver du travail pour aider leurs parents. Nous n’en pouvons plus. Nous avons tous perdu espoir», renseigne à son tour, Abdoulaye Baba Diallo. D’ailleurs, selon nos radars plongés dans l’île de Diogué jadis très réputée à cause de l’émigration clandestine, «des personnes suspectes rodent autour de l’île à des heures suspectes avec leurs pirogues à la recherche de jeunes voyageurs clandestins vers l’Europe», averti nos gorges profondes. Pour ces jeunes en provenance des régions de Kolda et de Sédhiou qui ont requis l’anonymat, «nous recherchons l’eldorado.

Des amis nous ont appris que l’émigration clandestine a refait surface dans la région de Ziguinchor et plus exactement dans les îles du département de Bignona. Nous attendons le bon moment pour payer comme d’autres jeunes et embarquer dans les pirogues pour aller en Espagne. Nos copains l’ont fait et ils ont tous réussi. Nous aussi, nous allons tenter l’aventure», disent-ils. Et de renchérir : «nous n’avons pas peur de la mort. Nous allons la braver jusqu’à notre dernier souffle car, nous voulons réussir pour aider nos familles. Nous en avons assez des promesses de nos autorités politiques qui ne nous disent jamais la vérité et qui passent pas tout leur temps à nous servir que des promesses», soutiennent-ils avec force. Ces nouveaux départs de jeunes en partance pour l’Espagne via la mer, commence à susciter de nombreux commentaires dans la ville de Ziguinchor. 

Les populations inquiètes, demandent à l’Etat de renforcer davantage les moyens de lutte en Casamance car, «la région est devenue le lieu de convergence de tous les convoyeurs et de tous les  jeunes qui veulent regagner les îles Canarie» Et de conclure : « tant que l’Etat ne prononcera pas une peine sévère à l’encontre des convoyeurs, l’émigration clandestine en Casamance va s’accentuer». Force est de reconnaitre cependant que malgré les arrestations de ces convoyeurs et candidats au voyage clandestin, il y a quelques années, celles-ci sont de très loin de décourager beaucoup de jeunes à Ziguinchor qui se disent aujourd’hui partagés entre l’indignation et la désolation totale. «C’est parce que nous voulons réussir que nous avons fait désormais de l’émigration clandestine notre passeport numérisé», disent ces jeunes du sud.

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